| Cloches de Pâques |
![]() – Les cloches sont parties...
Les grosses cloches les premières. Ou les petites, que sait-on ? si diverties, Si pimpantes de s'en aller toutes légères ! – Leur jupe bouffait autour d'elles ; Et le battant ne disait rien, Comme un oiseau blotti dans une cage. Elles volaient sans ailes, Par des chemins à elles, très anciens, Des chemins bleus au-dessus des nuages. – Les gros bourdons, parfois devant, parfois derrière, S'essoufflaient à vouloir montrer qu'ils allaient vite. Et les petites cloches des couvents Ou des églises de campagne, si petites Qu'elles semblaient des gobelets d'enfants, si fières D'aller quand même à Rome – étaient devant, Derrière, et partout à la fois, toutes légères... – Les enfants regardaient en l'air, criant : Bonjour ! Les gens d'âge levaient aussi la tête, Mais ne les voyaient plus de leurs yeux clignotants. – Et les enfants attendent leur retour, Comme une grande fête. Les gens d'âge attendent aussi, comme on attend Quand on n'est plus bien sûr de croire aux œufs de Pâques... – Cependant, il faut croire aux miracles, toujours. Resonnez les Matines, frère Jacques ! Je vois les cloches reparaître, se hâtant... – De leur jupe, sur les jardins, glisse autour d'elles Tout le printemps de Rome, et chaque battant S'échappent, aux alléluias, deux hirondelles.
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