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[ Annonce de la création du Prix Sabine-Sicaud
et règlements de la première édition ]


Sabine Sicaud : Mortelle solitude
Anne Pascal
In Le Citoyen Libre, 6 juin 1989 (pages 1 et 4)

          Plusieurs concours de poésie décerneront, prochainement, le prix Sabine-Sicaud. Ce sera en même temps l’occasion de rendre un nouvel hommage à cette jeune poétesse villeneuvoise dont la mort prématurée priva la littérature française d’une de ses belles voix.
          « Sabine SICAUD est à l’orée du vingtième siècle ce que Marceline DESBORDES-VALMORE était à l’orée du dix-neuvième siècle », n’hésitaient pas à déclarer certains critiques littéraires après avoir lu la jeune Villeneuvoise. Or, Mme DESBORDES-VALMORE est reconnue comme une poétesse de valeur. Il n’est pas étonnant que soixante ans après la disparition de Sabine SICAUD, les clubs littéraires honorent toujours son œuvre et prêtent son nom à divers concours de poésie. Dans le courant du mois de juillet le prix Sabine-SICAUD récompensera le meilleur écrit poétique rappelant par son charme, le talent de la jeune fille.

 

POÈTE RECONNU

          Fraîcheur, accents cristallins, authentiques et bouleversants sont des qualificatifs qui reviennent régulièrement pour définir les poèmes de Sabine SICAUD. Son œuvre connue en compte une centaine1. Vingt2 d’entre eux ont été édités dans Les Cahiers de France à Poitiers,3 en 1926, alors qu’elle était âgée de treize ans seulement. Ce cahier est actuellement introuvable. Seules les Archives Départementales de Lot-et-Garonne en possèdent un exemplaire et la bibliothèque de Villeneuve-sur-Lot une photocopie.
          Le monde de l’édition s’intéressa à la petite Villeneuvoise. Trente ans après sa mort, la librairie Stock publia l’essentiel de son œuvre. La bibliothèque des berges du Lot en garde jalousement un exemplaire sur ses rayonnages.
          Les Anthologies du XXe siècle citent, elles, une trentaine de poèmes de Sabine. C’est dire qu’elle a laissé son empreinte dans l’histoire littéraire et que son nom ne peut être laissé de côté.
          François MILLEPIERRES, Armand GOT, Paul GUTH ont souvent rendu hommage à cette enfant « qui portait un regard amusé sur tout ce qu’elle voyait. Mais un regard juste, intense, empreint de la gravité de la tendresse ». On reconnaît à Sabine SICAUD un style léger, libre, présentant une fantaisie qu’aucune règle prosodique n’endigue. Sa poésie s’épanouit en accord avec la nature qu’elle observera attentivement dans le parc de la maison familiale « La Solitude ».

 

UNE MORT PRÉMATURÉE


          Sabine SICAUD verse dans la poésie dès l’âge de six ans et très jeune moissonne les distinctions. Lauréate des Jeux Floraux et du Jasmin d’Argent, elle obtint à moins de 12 ans une deuxième médaille pour son poème « Le Petit Cèpe ». Elle sera distinguée par les Jeux Floraux de France et de Berruyers et considérée comme un petit prodige du rythme. Anna de NOAILLES et René BONNAT attendaient beaucoup de « cette âme d’artiste et de cet esprit si magnifiquement doué ». Mais un destin tragique jugula leurs espérances.
          Sabine SICAUD, blessée au pied dans le Lot, eût la jambe infectée. Son martyr dura un an. Elle avait alors quatorze ans. Parce qu’elle aimait « La Solitude » et n’en voulait partir, sa mère s’en tint là et rien n’y fit. Elle refusa de la faire transporter ailleurs où des soins plus éclairés auraient pu la sauver. Souffrant énormément, on évitait de la toucher, de la changer, de la laver… Lorsque parents et amis avaient la possibilité d’intervenir pour des soins plus efficaces, ces interventions se terminaient toujours en drame pour l’enfant et pour la mère. Sabine SICAUD mourut à l’âge de 15 ans, le 12 juillet 1928.

 

LA PORTE DE LA SOLITUDE

          Son attachement à « La Solitude » lui coûta certainement la vie, mais servit un esprit particulièrement éveillé. Avant d’écrire des poèmes, Sabine SICAUD dessinait. Le cinéma fut aussi l’une de ses grandes passions.
          Il est vrai que la maison familiale, un ancien prieuré ouvrant sur une allée de platanes centenaires, était au carrefour des arts, de la politique et de la religion. Sabine SICAUD y grandira aux côtés d’intellectuels. À commencer par son père Gaston SICAUD, qui était un homme cultivé et bon orateur. Ami intime de Jean JAURÈS, les siens l’appelaient amicalement le « Lama ».
          Sa mère, journaliste de talent, auteur de contes, nouvelles et poésies, souffla certainement à sa fille sa vivacité et une forte personnalité. Ses amis disaient d’elle qu’elle était l’âme de « La Solitude » et l’avaient surnommée « Amérita l’Immortelle ». Les deux femmes s’entendaient à merveille.
          Son frère, Claude, de deux ans son aîné, deviendra lui aussi journaliste. Les deux enfants ont profité d’une éducation libre et si peu conventionnelle qu’elle paraissait bizarre aux yeux des petits bourgeois de la petite ville. Ils n’iront jamais à l’école. Un instituteur érudit venait à « La Solitude » donner des cours particuliers à deux esprits dont la curiosité était déjà largement assouvie, hors du cadre scolaire, grâce aux nombreux livres qui jalonnaient la belle demeure. Mais c’est certainement le parc qui leur offrit leurs plus grands émerveillements. Un jardin fou, substance de leurs émotions, vagabondant comme leur imagination, nourrissant mille et un projets emportés par l’eau du ruisseau qui serpentait en contrebas de la propriété.
          Pour Sabine SICAUD, « La Solitude » est un microcosme riche et ô combien rassurant qu’elle a dépeint dans bon nombre de ses poèmes. Les Villeneuvois ont peut-être partagé ce sentiment lorsque les Baladins ont interprété dans ce fameux parc, « La porte de la Solitude », la pièce du journaliste Jean-Paul TAILLARDAS, dont les fonctions à Villeneuve l’ont amené à apprécier l’œuvre de l’enfant prodige. Représentation unique, unanimement appréciée dont on aurait aimé qu’elle fleurisse plus souvent l’affiche de la troupe théâtrale…

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Critères et règlements de la première édition

 

          Créé en 1989, le Prix Sabine-Sicaud est un concours de poésie qui récompense le meilleur écrit poétique rappelant par son charme le talent de la jeune poétesse.

          L’œuvre mise en concours par son auteur devra être inédite et d’un maximum de cent vers. Elle sera écrite en langue française, de forme classique ou libre et signée d’un pseudonyme.

          Les envois seront adressés avant le 30 juin à Mme FOURNN, 19, rue de-La-Myre-Mory, 47140 Penne-d’Agenais.

          Ils comprendront le poème dactylographié signé d’un pseudonyme, une enveloppe renfermant le vrai nom du concurrent, ainsi que son adresse, puis cachetée et signée du pseudonyme, et 25 Francs de frais de participation (timbres ou chèque)

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1 Erratum : 29 poèmes et non 20 [Guy Rancourt].

2 Erratum : à peine 80 poèmes et non une centaine [Guy Rancourt].

3 Il s’agit de son recueil intitulé Poèmes d’enfant [Guy Rancourt].

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