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[ Articles sur le décès de Sabine Sicaud
et photographies (en bas de page) du cimetière où elle est inhumée ]

In Le Quotidien, 22 juillet 1928

Sabine Sicaud
poétesse de 15 ans
vient de mourir

          Sabine Sicaud est morte. Elle avait quinze ans et la gloire l’avait déjà visitée.
          Aux Jeux Floraux de Paris en 1925, le jury avait couronné un poème original, plein de maîtrise et d’adresse.1 La copie était anonyme. On s’aperçut après le vote que la lauréate avait douze ans. C’était Sabine Sicaud. De Villeneuve-sur-Lot, où elle habitait, avec ses parents, elle avait déjà envoyé des vers à différentes revues. Maurice Donnay et Marcel Prévost appréciaient son talent.
          Mme de Noailles, la poétesse au talent prestigieux qui faisait partie du jury des Jeux Floraux, a connu Sabine Sicaud. Elle nous rappelle la matinée émouvante donnée en l’honneur de la jeune fille au Grand Théâtre des Champs-Élysées. Mme Segond-Weber avait dit de ses vers. Ce fut un grand succès.
          Mme de Noailles continue : « Petite fille bien au-dessus de son âge, elle excellait dans des vers descriptifs. Ses yeux s’étaient ouverts sans naïveté sur la vie. Elle était belle, d’une beauté grave, chargée d’âme. Bien que ses yeux fussent ouverts sans naïveté sur la vie, elle était très spontanée. Et cette spontanéité bizarre d’enfant prodige rappelait un peu, avec toutefois une note très moderne, celle de Francis Jammes ou de Jules Renard. Pauvre petite ! Sa précocité m’effrayait. La gloire trop tôt venue n’a fait que précéder la mort de très peu. Je suis navrée. »
          Mme de Noailles n’était-elle pas la plus qualifiée, elle qui, dès l’enfance, fut un grand poète, pour nous parler de ce jeune talent et des regrets qu’il laisse.

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1Il s’agit du poème « Matin d’automne » qui rafla le Grand Prix, deux autres poèmes  de Sabine « La Chatte et son Fils » et « Le Cytise » se méritèrent le cinquième et le dixième prix. [ Guy Rancourt ]

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In La Femme de France, 14e Année, no 702, 21 octobre 1928, p. 3

          N'avez-vous pas été attristés de la mort de la petite Sabine Sicaud ? Morte à quinze ans et déjà titulaire de plusieurs prix pour ses poèmes.

               « Si quelque oiseau bleu me fait signe, 
                rien, sachez-le, ne me retient
 », écrivait-elle.

          Rien ne l’a retenue ; elle a rejoint l’oiseau bleu qui lui a sans doute fait signe. Une année, au concours du Jasmin d'Argent, on ne put lui décerner la première récompense, elle n’avait que onze ans. Pas l’âge réglementaire. Pourquoi n'est-il pas un âge réglementaire pour mourir ? Oh ! Tanagra, je ne trouve rien d’aussi triste que de mourir jeune.  Mais quinze ans, c’est trop jeune n’est-ce pas, amie ? Vous leur accordez, j’espère, le double à vivre? Les poèmes de nos grands désabusés sont pourtant bien beaux et, seulement, ne devraient se taire que lorsqu'ils deviennent prosaïques.

TIOUTIOU.
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In Le Progrès, 22 juillet 1928.

Sabine Sicaud est morte
À 12 ans, elle avait été couronnée
au Jasmin d’Argent et aux Jeux Floraux de France

          Les lettres françaises viennent d’éprouver une perte cruelle. Sabine Sicaud est morte. Elle s’est éteinte doucement, à l’âge de 15 ans, après une longue maladie, dans la villa de ses parents, La Solitude, route de Bordeaux.
          Notre jeune compatriote qui était la fille de M. Sicaud, conseiller de préfecture du Tarn-et-Garonne, avait composé, dès l’âge de 12 ans, des poèmes si beaux et si riches qu’ils soulevèrent à la fois, l’admiration des uns et l’incrédulité des autres. Mais, devant les lauriers moissonnés à mains pleines par Sabine Sicaud, ceux qui doutaient de sa veine poétique, durent se grouper avec ses admirateurs.
          Il y a trois ans, elle obtint une seconde médaille au Jasmin d’Argent,1pour son délicieux poème « Le Petit Cèpe », et ses deux parrains, deux académiciens, MM. Marcel Prévost et Maurice Donnay, la trouvèrent « épatante ».
          La même année, le Jury des Jeux Floraux de France, dépouillant les nombreux envois reçus, remarqua trois morceaux de belle allure. Il les retint, accorda son 1e prix à « Matin d’Automne », son 5e, à « La Chatte et son Fils », son 10e au « Cytise ». Et sa stupéfaction fut grande de constater que ces trois poésies étaient dues à Mlle Sabine Sicaud. Elles furent d’ailleurs préfacées par Mme la Comtesse de Noailles.
          Sabine Sicaud n’est plus, mais son souvenir planera dans les prochains tournois poétiques et l’on ne prononcera son nom qu’avec une pieuse admiration.
          Nous prions Monsieur et Madame Sicaud, de croire à la peine profonde que nous prenons dans le deuil qui frappe et d’agréer l’expression émue de nos vives condoléances.

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1Erratum : C’est plutôt en 1924, à l’âge de 11 ans, que Sabine sera couronnée au Jasmin d’Argent [ Guy Rancourt ].

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In Mon Ciné (N° 343, 06-09-1928)

          Nous apprenons avec beaucoup de peine la mort de Sabine Sicaud, la jeune poétesse méridionale dont nous avions parlé à nos lecteurs, il y a quelques mois. Sabine Sicaud avait quinze ans. Elle est décédée chez ses parents dans leur villa de Villeneuve-sur-Lot des suites d'une longue et douloureuse maladie. 
          Sabine Sicaud était destinée à un brillant avenir dans la littérature et certainement dans le cinéma, car elle avait commencé d'étudier la technique des scénarios et laisse des oeuvres qui auraient très bien pu être filmées, tant elles étaient d'une inspiration purement cinégraphique. 
          On s'en souvient, la jeune poétesse prodige était venue nous voir, il y a deux ans, alors qu'elle venait de remporter le Jasmin d'Argent au concours des Jeux Floraux et nous avait demandé de lui ouvrir la porte d'un studio parisien, car elle s'intéressait beaucoup à l'art cinématographique. À l'issue de sa visite, elle écrivit pour Mon Cinéun délicieux petit poème qui fit le ravissement des lettrés et qui parut dans ces colonnes. 
          La comtesse Mathieu de Noailles n'avait pas caché son admiration pour ce jeune talent et avait encouragé Sabine Sicaud à persévérer dans la voie où elle s'était engagée. Maurice Donnay de l'Académie Française s'était à son tour intéressé à ses travaux et lui manifestait une grande amitié. 
          D'autres grands littérateurs avaient été étonné par la précocité de cette jeune fille qui, à l'âge de treize ans, écrivait des poèmes d'une maturité déconcertante, et qui portaient la marque d'un très beau talent. Sabine Sicaud, si elle avait vécu, serait certainement arrivée à la notoriété et nous déplorons sa disparition prématurée en adressant à sa famille toute l'expression de notre sympathie attristée.

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PHOTOGRAPHIES 1
(cliquer sur les photos pour les agrandir)

cimetiere-petit.jpg
tombe-famille-sicaud-petit.jpg   tombeau2-petit.jpg
 
 
1
Merci à mon amie Marcek pour ces photographies en couleurs et à la Bibliothèque d'Agen pour la photographie en noir et blanc.

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