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Tout voir – je vous ai dit que je voulais tout voir,
Tout voir et tout connaître !
Ah! ne pas seulement le rêver… le pouvoir !

Ne pas se contenter d’une seule fenêtre
Sur un même horizon,
Mais dans chaque pays avoir une maison
Et flâner à son gré de l’une à l’autre – ou mieux,
Avoir cette maison roulante,
Cette maison volante, d’où les yeux
Peuvent aller plus loin, plus loin toujours !  Attente
D’on ne sait quoi… je veux savoir ce qu’on attend.

Tout savoir…  Tout savoir de l’univers profond,
Des êtres et des choses,
De la terre et des astres, jusqu’au fond.
Savoir la cause
De cet amour qu’on a pour des noms de pays,
Des noms qui chantent à l’oreille avec instance
Comme s’ils appelaient depuis longtemps,
Depuis toujours – des noms immenses
Dont on est envahi,
Ou des noms tout petits, presque ignorés.

Longs pays blancs du Nord, pays dorés
Du Sud ou du Levant plein de mystère…
Et les jeunes, aux villes claires :
New-York, San Francisco, Miami, des lumières,
Du bruit, de la vitesse, de l’espace…

Ah ! tout voir, tout savoir des minutes qui passent,
De celles qui viendront…
Demain, comme je t’aime !

Je ne fais qu’entrouvrir les yeux, lever le front,
Commencer de comprendre.
Hier, savais-je même
Ce que c’était que respirer dans le jour tendre ?

Bonheur de voir, d’entendre,
Qui vient à vous dans un frisson ;
Tant de beauté, tant de couleurs, de sons…
Royaume de la vie !

Les images m’entourent de leur ronde,
La musique est en moi comme une ivresse.
Ne suis-je pas cette jeune princesse
Qui s’en allait, suivie
De tous ses petits pages ?  Rien au monde
Peut-il me cacher ton visage, cher Passant ?

Te voilà…  D’où viens-tu ?  Quelle est ton âme ?
Es-tu prince ou poète ?  Je pressens
Tout ce que tu diras si tu viens de là-bas
Où, pour toi, quelque vieille femme, en son isba,
Implore Notre-Dame.
« Notre-Dame de Potchaïeff, guidez ses pas ! »
Tu te nommes Boris ou Michel, n’est-ce pas ?

Non ?  C’est Tommy ?  Pardon.
Tu viens du golf et je te sais vainqueur.
Serrons-nous les deux mains, en camarades.

Beppo ?  Tu dis Beppo ?  C’est donc
La voix de Roméo1 qui nous parle et son cœur
Que tu m’apportes ?  Soit.  Je suis en promenade
Et nous pouvons causer.  De qui ?  De Juliette1 ?
Ou de vous, les Tristan, les Siegfried, les Vincent,
Les Cyrano2, les Poliche peut-être…

Oui, ton âme, Poliche, la connaître.
Moi je te comprendrai.  Va, si la vie est faite
De telles cruautés, c’est qu’on n’a pas compris.

Tu dis : « On peut comprendre et rester impuissant. »
Qui sait ?  Qui sait, Poliche.
Je pense que surtout l’on peut s’être mépris
Et nous ne savons pas de quoi nous sommes riches.
Tous les bonheurs, sait-on jamais leur prix ?
…Sait-on si l’important n’est pas d’aimer quand même,
Fût-ce un rêve toujours fuyant, pourvu qu’on aime…

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1 Allusion à la tragédie Roméo et Juliette de
William Shakespeare.
2 Allusion à la pièce de théâtre Cyrano de Bergerac d'
Edmond Rostand.

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